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60e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies

Publié le mardi 15 mars 2016

New York, le 15 mars 2016

 

Intervention de Madame Lydia Mutsch

Ministre de l’Egalité des Chances du Luxembourg

 

 

 

Madame la Présidente,

Le Luxembourg s’associe pleinement à la déclaration de l’Union européenne.

Les témoignages que nous avons entendus lors de ce débat général sur les disparités entre hommes et femmes qui subsistent, hélas, dans toutes nos sociétés, nous confirment dans notre conviction qu’il était, ô combien, nécessaire d’assurer un objectif indépendant sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans les Objectifs du développement durable.

Ils nous confirment aussi dans notre conviction sur l’importance du rôle des femmes dans la réalisation de l’ensemble des 17 Objectifs du développement durable, à tous les niveaux et dans tous les domaines.

Pour permettre aux femmes de s’investir pleinement, nous devons agir à deux niveaux : éliminer les discriminations continuant à exister malgré tous les efforts du passé et promouvoir activement une égalité de fait en œuvrant pour un meilleur équilibre entre hommes et femmes dans le partage des responsabilités familiales, professionnelles, politiques et sociétales.

Les différentes formes d’inégalités que subissent les femmes peuvent varier selon les régions tout comme les domaines d’intervention prioritaires qui en découlent. En Europe, la question de la prise de décision se pose notamment de façon pressante.

Des travaux intenses que mon pays a menés sur le sujet au cours de l’exercice de la Présidence du Conseil de l’Union européenne, il ressort clairement qu’il faut une action volontariste pour réaliser des progrès substantiels et durables en matière d’égalité dans la prise de décision. Ceci implique la mise en œuvre d’un éventail, aussi large que possible, de mesures complémentaires qui peuvent être de nature contraignante notamment législatives, mais aussi des mesures de sensibilisation visant par exemple à déconstruire des stéréotypes et à remettre en question la distribution traditionnelle des responsabilités entre hommes et femmes.

Nous nous réjouissons que la thématique de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes ait été réaffirmée au plus haut niveau à l’occasion de la réunion de mobilisation des dirigeants du monde le 27 septembre dernier, en marge de l’adoption de l’Agenda 2030.

Il est de notre responsabilité de maintenir la question à l’agenda de nos chefs d’Etat et de gouvernement pour que les engagements politiques pris dans le contexte des Objectifs du développement durable soient suivis d’actions concrètes et deviennent une réalité.

La force de l’Agenda 2030 pour le développement durable réside dans son universalité. Il requiert notre engagement à la fois sur le plan national et régional que sur le plan international. Aussi le gouvernement luxembourgeois s’est fixé quatre priorités. Sur le plan national, il s’agit de :

  • l’instauration de quotas légaux en matière de prise de décision politique et le respect de quotas volontaires en matière de prise de décision économique ;
  • la lutte contre les stéréotypes liés au genre et en particulier la représentation souvent sexiste des femmes dans l’espace public ;
  • le Luxembourg a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité et va ratifier la Convention dite d’Istanbul du Conseil de l’Europe ;
  • En matière de coopération internationale, le Luxembourg octroie depuis 2009 1% de son revenu national brut à l’aide publique au développement et reste un contributeur significatif aux budgets des agences onusiennes, notamment d’ONU-Femmes.

 

Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs,

Il est temps d’intensifier nos efforts pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes non seulement à l’intérieur de nos pays respectifs mais également au niveau international.

Ce n’est qu’en combinant nos efforts de solidarité aux niveaux national et international que nous serons à même de venir à bout des défis qui aujourd’hui se posent à nous, comme la tragédie humanitaire et humaine que vivent au jour le jour des millions de réfugiés, dont de nombreuses femmes et enfants.

Le programme du développement durable pour les 15 prochaines années est ambitieux. Il vise à transformer le monde.

Avec son engagement de ne laisser personne de côté, il est une promesse d’espoir pour des millions de femmes de pouvoir participer, aux côtés des hommes, à la construction d’un monde plus solidaire, plus équitable et plus humain.

 

Je vous remercie de votre attention.

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