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Une personne sur huit connait toujours l’insécurité alimentaire – Journée mondiale de l’alimentation

Publié le mercredi 16 octobre 2013

Le 16 octobre est la Journée mondiale de l’alimentation. Cette année l’accent est mis sur « Des systèmes alimentaires durables au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition ». La Coopération luxembourgeoise reconnait ce droit à l’alimentation et de ce fait s’est dotée d’une approche opérationnelle solide.

Des statistiques écrasantes

Malgré les efforts considérables entrepris depuis des décennies, aujourd’hui plus de 870 millions de personnes connaissent l’insécurité alimentaire et la faim au quotidien dans le monde. C’est 12,5 % de la population mondiale, ou encore une personne sur huit.

L’écrasante majorité d’entre elles – 852 millions de personnes – vivent dans des pays en développement, où on estime maintenant que 14,9 % de la population sont touchés par la sous-alimentation. 75 % de ces personnes pauvres vivent en milieu rural. Alors que l’Asie enregistre le plus grand nombre de personnes souffrant de faim en termes absolus, l’Afrique subsaharienne connaît, avec presque 40 % en moyenne, la plus forte proportion de sa population en insécurité alimentaire.

En Afrique de l’Ouest – une des régions les plus touchées – en raison de la croissance démographique très importante et de la dégradation des ressources naturelles comme base de production, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire risque encore d’augmenter d’ici 2025.

Une approche stratégique

La Coopération luxembourgeoise reconnaît le droit à l’alimentation pour tous tel que défini par les Nations unies. Elle en identifie les défis dans leurs aspects tant structurels que conjoncturels. Fort d’un cadre référentiel international solide et notamment des Objectifs du millénaire pour le développement, dûment repris dans le contexte des stratégies et orientations politiques nationales, la Coopération luxembourgeoise s’est dotée d’une approche opérationnelle. Cette approche est caractérisée, d’un côté, par un appui à des mesures visant la sortie de l’insécurité alimentaire structurelle dans un contexte de développement rural durable et, de l’autre côté, un appui à des mesures visant la sortie de l’insécurité alimentaire conjoncturelle dans un contexte de prévention et de gestion des crises alimentaires.

Vers un développement rural intégré pour lutter l’insécurité alimentaire

La sécurité alimentaire est une préoccupation majeure de la Coopération luxembourgeoise. Ainsi, le développement rural intégré au sens large (englobant le secteur agricole - appui aux producteurs, diversification des productions, sécurisation foncière, gestion durable des ressources naturelles, désenclavement des zones de production - mais également les services sociaux de base comme la santé, l’éducation, les infrastructures ainsi que le renforcement des systèmes financiers décentralisés, donc toutes les actions qui améliorent le cadre de vie des populations rurales et augmentent leur degré d’éducation et de formation), qui permettent de contribuer à la diminution de l’insécurité alimentaire structurelle, figurent parmi les secteurs de concentration de la Coopération luxembourgeoise dans la plupart de ses pays partenaires. Ainsi, l’agriculture et le développement local intégré figurent notamment parmi les secteurs prioritaires des PIC avec le Burkina Faso, le Niger, le Mali, le Laos et le Vietnam.

En 2012, quelque 7 % de l’APD luxembourgeoise ont été consacrée au développement de l’agriculture, cette part s’élevant à 10 % pour l’APD bilatérale. Ce pourcentage regroupe, outre l’agriculture, les réformes agraires (via l’aide au Cadastre et à l’état civil), la sylviculture et la pêche, mais aussi le développement rural (tel que le financement de routes, de pistes rurales et de marché) ; ou encore les projets d’agroforesterie ou de reforestation (pour la perception de crédits carbone), soit tout ce qui est lié au développement des capacités des populations qui vivent en milieu rural à générer des revenus. La tendance globale du pourcentage de l’APD consacré au financement rural et agricole est passée de 5 % en 2009 à 7 % en 2012.

Une approche multisectorielle nécessaire

La Coopération luxembourgeoise est aussi consciente qu'il est impossible d'espérer s'affranchir de l'insécurité alimentaire par un effort exclusivement centré sur l'agriculture. Il appelle à convenir d'une nouvelle approche couvrant de multiples secteurs, allant de l'infrastructure rurale aux services de santé, englobant de nouvelles formes de protection sociale et permettant d'aboutir à un développent plus inclusif, notamment au niveau local. Afin de garantir la sécurité alimentaire pour tous, il importerait de veiller à ce que la voix des populations pauvres et vulnérables soit mieux relayée, grâce au renforcement des gouvernements locaux et des groupes de la société civile.

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