La 43ème session ordinaire du Conseil des droits de l’homme

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Le 24 février 2019 le Luxembourg a participé à l’ouverture de la 43ème session du Conseil des droits de l'homme (CDH) au Palais des Nations à Genève. La session se poursuivra jusqu’au 20 mars, sous la présidence de la Représentante permanente de l’Autriche auprès des Nations Unies à Genève, Mme Elisabeth Tichy-Fisslberger. 

Les principaux sujets à l’ordre du jour de cette session sont les préoccupations au sujet de divers défis mondiaux qui détériorent la situation actuelle des droits humains. En effet, les droits humains dans les situations de pays suivantes seront adressés : le Territoire palestinien occupé, le Myanmar, l’Iran, le Venezuela, le Yémen, la Corée du Nord, le Soudan du Sud, le Burundi et la Syrie. De plus, le CDH traitera entre autres la thématique de la torture, des droits des personnes handicapées ainsi que des femmes et des filles, du développement durable, des droits des défenseurs des droits de l’homme et de la liberté d’expression et de réunion. 

Le Président de la 74ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Tijjani Muhammad-Bande; le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres; et la Haute-Commissaire aux droits de l'homme, Mme Michelle Bachelet ont adressé le Conseil lors de cette session d’ouverture. 

Le Président de la 74ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies a ainsi souligné qu’il est urgent de garantir à toutes les personnes une vie dans la dignité et qu’il n’est plus possible d’ignorer la question des droits humains dans de nombreuses zones de conflit.  Il a par ailleurs appelé à continuer de dialoguer pour résoudre les différends sur la question des réfugiés.  

Quant au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé un appel à l’action en faveur des droits humains dans le monde, face aux attaques dont ces derniers font l’objet. Ainsi, il a annoncé que : « Mon appel à l’action s’adresse à la famille des Nations Unies elle-même, aux États membres, aux parlementaires, au monde des affaires, à la société civile et aux gens de toute la planète ».  

Selon lui, il y a une réponse face aux tensions du monde actuel : les droits humains. Le chef de l’ONU a ainsi présenté un plan en sept points qui consiste à imprégner une culture des droits humains dans toutes les actions des Nations Unies :

  • Premièrement les droits humains doivent être au cœur du développement durable et du Programme 2030.
  • Par la suite, ces droits doivent être préservés même en temps de crise.
  • Le Secrétaire général a affirmé que « la violence contre les femmes et les filles est la violation des droits humains qui se répand le plus » et ce qui explique donc que l’égalité des sexes et l’égalité des droits pour les femmes constitue le troisième point de ce plan d’action.
  • Quatrièmement, il faut assurer la liberté d’expression, de religion, de participation, de réunion et d’association. Selon Antonio Guterres, « les journalistes, les défenseurs des droits humains et les militants écologistes (…) font l’objet de menaces croissantes, au moment même où leur engagement est indispensable à l’exercice de la justice ».
  • Des efforts immédiats sont également nécessaires pour l’action climatique et le droit à un environnement sûr, propre et durable car « si nous n’agissons pas, nos enfants et petits-enfants ne pourront jouir de tous les droits fondamentaux ».
  • Sixièmement, le chef de l’ONU a insisté sur l’action collective pour faire face aux crises actuelles et a donc souligné le rôle du multilatéralisme qui « doit être plus inclusif » et doit intégrer les droits humains.
  • Enfin le septième point concerne les nouvelles technologies qui « ont certes permis à la société civile de mieux s’organiser, mais elles ont également donné aux autorités des moyens inédits pour contrôler les allées et venues de chacun et restreindre les libertés ». Il faut donc renforcer la protection des données des citoyens et contrôler sérieusement les machines autonomes. 

Vers la fin de son intervention, le Secrétaire général a souligné l’universalité des droits humains qui « sont à la fois le but et le chemin ». Il a également rappelé que « la souveraineté nationale ne peut servir de prétexte pour violer les droits de l’homme » et que « nous devons surmonter la fausse dichotomie entre les droits humains et la souveraineté nationale ». En effet, selon lui, ces deux concepts vont de pair. 

Enfin, Antonio Guterres a conclu son intervention par un appel à « œuvrer ensemble à la réalisation de la plus haute aspiration de l’humanité : la pleine jouissance des droits humains ». 

Jean Asselborn au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève (25.02.2020)

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, Jean Asselborn, s’est rendu à Genève le mardi 25 février 2020, afin de participer à la 43e session ordinaire du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. 

Au Palais des Nations, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a prononcé un discours lors du segment de haut niveau. Lors de son discours, le ministre Asselborn a rappelé l’importance de « suivre une approche multilatérale – avec les Nations Unies en son centre - pour assurer la paix, le respect des droits humains et le développement durable dans le cadre de l’Agenda 2030 ». Le ministre a ensuite passé en revue la situation notamment en Libye, en Syrie, au Yémen, et au Venezuela, au Myanmar et dans le Sahel. Il a mis un accent particulier sur le conflit israélo-palestinien. Ainsi, il a souligné que « nous ne pouvons pas accepter que des parties du Territoire palestinien occupé soient annexées, telles que la vallée du Jourdain en Cisjordanie. Ce serait une nouvelle violation flagrante du droit international » 

Rappelant que dans de nombreux pays, les défenseuses et défenseurs des droits de l’homme, surtout ceux qui se trouvent dans des zones de conflit, continuent d’être réprimés le chef de la diplomatie luxembourgeoise a vivement condamné « tout acte de représailles ou d’intimidation à leur encontre » en ajoutant qu « ’il est aujourd’hui d’autant plus important de réaffirmer l’importance de l’espace civique et de la participation de la société civile, dans chaque pays comme dans les enceintes multilatérales, ainsi que la garantie de la liberté d’expression en ligne et hors ligne ». 

La nouvelle privation de liberté d’Osman Kavala en Turquie, est selon le ministre « une illustration de l’environnement hostile dans lequel opèrent la société civile et les défenseurs des droits de l’homme en Turquie ». Dans ce contexte, le ministre Asselborn a appelé les autorités turques à « respecter les normes de l’Etat de droit qu’elles se sont engagées à appliquer en vertu de la Convention européenne des droits de l’homme ». 

Jean Asselborn a par ailleurs rappelé que « le Luxembourg vient de publier la deuxième édition de son Plan d’action national pour la mise en œuvre des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme pour la période 2020-2022 ». « Nous encourageons tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait, à élaborer un tel plan » a mis en exergue le ministre dans ce contexte. 

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a réitéré que dans le prolongement de son engagement résolu en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans le monde « le gouvernement luxembourgeois a décidé de présenter la candidature du Luxembourg au Conseil des droits de l’homme pour le mandat 2022-2024 ».

Saisissant l’occasion offerte par son déplacement à Genève, Jean Asselborn est également intervenu , au nom du Benelux, au débat de haut niveau organisé dans le cadre du Conseil pour marquer le 25e anniversaire de la Déclaration et du programme d’action de Beijing pour évoquer les moyens de réaliser l’égalité entre les femmes et les hommes et d’autonomiser les femmes et les filles. 

Regrettant que le progrès de la mise en œuvre est lent, 25 ans après Beijing, et de nouveaux défis restent à surmonter, Jean Asselborn a indiqué que « le Luxembourg souhaite élargir la base du programme d’action, investir dans la santé et les droits sexuels et reproductifs et contribuer à un changement durable des mentalités ». 

Lors de son séjour à Genève, le ministre Asselborn a par ailleurs eu des entrevues bilatérales avec le ministre des Affaires étrangères de San Marino Luca Beccari et le ministre des Affaires étrangères de la Palestine Riyafd Al Alki, afin de faire le point sur les relations bilatérales et l’actualité politique internationale.

 

 

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